De Auditu

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L’intrigue

Jehul est un chevalier, ou plus précisément un cuistre de bonne famille, qui ne rêve que de croisades. Son épopée commence le jour où il perd la vue, lors d’une chute de cheval en pleine chasse, sur le domaine de son propre père. Que reste-t-il donc à cet infirme pour vivre une aventure ? Son ouïe, à la découverte de laquelle il part avec nous pour une plongée dans les sons, les musiques et les théories esthétiques de son lieu de vie et de son époque, l’orléanais du XIIIe siècle. Il lui faut écouter, c’est tout ce qu’on lui ordonne désormais, avec pour seul espoir dans cette quête celui de retrouver ses yeux, au terme d’un apprentissage tout auditif du monde qui l’entoure.

La conception du projet

De Auditu a été écrit en 2013, mais ne connaît sa publication que quatre ans plus tard, en 2017, lorsque j’ai décidé d’entrouvrir la porte du monde de l’auto-édition. L’histoire de la conception de ce roman un peu étrange est liée à mon désir de partager une passion que j’ai vite comprise être assez peu commune et difficilement transmissible telle quelle : la musique médiévale. La musique des manuscrits qu’il faut parfois aller jusqu’à reconstituer, la musique des traités philosophiques de l’époque, la musique sacrée des mélodies du répertoire grégorien, etc.

Mais quelle musique étrange à nos oreilles ! Je dois bien avouer, qu’il m’a fallu bien du temps pour comprendre le sens de ces sons des siècles passés, et pour en venir à aimer m’y baigner pendant des heures durant – et ma propre formation musicale en conservatoire n’y est pas pour rien. Comment ne pas comprendre, alors, la perplexité auditive des non-avertis ? Il ne restait plus qu’à trouver une pédagogie discrète mais efficace pour communiquer au plus grand nombre les voies méconnues de la musique médiévale.

Les sources

C’est donc un processus de découverte que je propose dans De Auditu, sous la forme ludique d’une fiction. Je ne suis ni musicologue ni historien de profession, mais je me suis efforcé de rendre juste et précis, autant que cela est envisageable dans une fiction telle que celle-ci, l’univers historique, intellectuel et social de Jehul (et Jehul lui-même). J’ai a pour cela procédé à une consultation assidue d’ouvrages d’histoire, de musicologie, de philosophie, d’histoire de la philosophie et de d’histoire de la littérature – pour n’en mentionner qu’un seul, La Cloche et la lyre. Pour une poétique médiévale du paysage sonore de Jean-Marie Fritz, source intarissable de textes médiévaux où il est question de sons.

La musique en elle-même, enfin, a constitué une source d’inspiration toute particulière pour mon processus d’écriture. C’est d’écoute en écoute que s’est dessiné le contexte sonore du roman : tout au long de mes études musicales et dans la découverte des artistes qui travaillent à exhumer la musique médiévale, à la rendre vivante par des concerts et des enregistrements. De Auditu indique dans ses pages une notice musicale non-exhaustive des disques qui ont mené à sa réalisation, et dont certains titres ont été cités explicitement dans la fiction comme « ce qu’entend Jehul ». C’est finalement par eux autant que pour eux, pour les faire écouter, qu’existe ce roman.