Auto-édition Bilan (2/2)

Chers tous (2/2),

Pour tous ceux qui l’ont manqué, donc, voici la vidéo de l’événement littéraire et musical du 20 décembre, vidéo captée et montée par les meilleurs soins d’Émeline Schrub, qui l’a également publiée sur sa chaîne Youtube.

Le livre est toujours en vente sur Amazon, mais il me reste des exemplaires imprimés pour ceux qui ne souhaitent pas passer par Amazon.

Organiser un événement musical et littéraire

Propulsion et organisation

J’ai eu à peu près deux mois pour organiser cet événement. L’idée a pointé son nez juste après la publication du livre broché : c’est en effet à ce moment qu’on m’a réclamé avec humour (je dis « avec humour » parce que quand cette phrase vient de copains, on sait bien ce que ça veut dire) des exemplaires dédicassés. Au départ je pensais réutiliser un procédé que j’aime bien : donner un lieu et une tranche horaire, m’y déplacer avec une pile de mes romans et un livre à lire, pour attendre que qui le souhaite vienne passer un moment avec moi. Au pire je passe deux heures à lire seule dans un café, ce qui n’est pas désagréable.

Puis je me suis dit que dans un café littéraire on pouvait peut-être organiser un événement sympa, un poil de musique, un peu de blabla sur le roman… Il y avait cependant quelque chose de gênant à cela : cela nécessitait de consommer dans ce lieu pour justifier la présence de chaque personne souhaitant venir d’avoir un accord commercial. Et inviter les gens à consommer et à payer pour me voir causer et acheter mon livre, je me suis dit que c’était assez peu sympathique de ma part. Il me fallait donc offrir un événement où l’entrée serait libre, où l’on pourrait faire autant de musique que l’on voudrait, prendre tout notre temps, se sentir bien. Si nous pouvions avoir cela alors… alors nous atteindrions notre but ! Nous aurions de la musique médiévale, nous pourrions discuter du projet de ce livre, parler de philosophie ! Bref, ça pouvait donner une chouette soirée pour réunir les amis proches et lointains, les curieux, les usagers de l’université et qui sait… Vendre quelques exemplaires du roman.

J’ai à ce moment pensé à l’université de Nanterre (oui parce que l’université de Nanterre est haut lieu de bien-être pour moi, je ne plaisante pas un instant), à laquelle je suis encore inscrite cette année, ce qui me donne quelques avantages. J’ai pu en un mail réserver une très belle salle du bâtiment L, l’espace Reverdy, et c’est ainsi qu’à commencé le grand recrutement des généreux volontaires musicaux. Je dois avouer que ma recherche a connu des hauts et des bas, mais que cependant le manque initial de participants m’a poussée à oser aller en chercher hors de mon cercle de connaissances, et j’ai pu à cette occasion voir à quel point la pratique de la musique médiévale est devenue plus vivace et répandue – constat très réjouissant. J’ai désormais beaucoup d’adresses pour aller écouter de la musique médiévale, moi dont la vie ces dernières années s’est presque intégralement déroulée à l’intérieur des bibliothèques universitaires, laissant le monde tourner dans la plus grande inconscience, pour mieux me concentrer.

Le programme de l’événement ne s’est finalement dessiné que très tard, une à deux semaines avant la date prévue, une bonne partie des participants n’ayant confirmé/annoncé leur présence que très tardivement. L’affiche qui a servi pour la communication de l’événement ne rend absolument pas compte de ce qui a pu finalement se dérouler : l’un des chanteurs n’a finalement pas participé, il n’y a pas eu de lectures de passages du roman, la discussion a été remplacée par une succession d’exposés courts présentant les œuvres qui ont été interprétées, il y a eu des interventions concernant l’ancien français et l’arabe médiéval, mais nous avons quand même eu le temps de causer à la toute fin, autour d’un petit thé et de biscuits faits maison.

Ce qu’il s’est véritablement passé

Je dois dire que ça n’est pas sans appréhension que je suis venue, le 20 décembre au soir, constater par moi-même ce qui pouvait advenir de ce que j’avais soigneusement organisé pendant des semaines. Je serais bien restée cachée sous ma couette à nier le monde, mais voilà, tout était prêt, les gens allaient venir (du moins les intervenants). Il me fallait donc prendre mon assurance à deux mains le temps d’une soirée, et faire semblant de mener correctement ma barque.

Le tout a duré 1h40, soit 20 minutes de plus que prévu, et il a fait très froid, parce que les architectes de l’université de Nanterre. Je vous jure, ils sont une raison à eux seuls, ils n’ont besoin ni de verbe ni de complément d’objet direct pour que l’on comprenne de quoi je parle. Entre la verrière qui fait office de plafond au centre de la salle et les murs il y a 20cm de… vide. Voilà voilà. C’est pour cette raison que sur la vidéo vous pouvez me voir progressivement tenter de tirer le plus de pull possible sur moi à mesure que le temps passe – je crois qu’on ne voit pas quand je me mets en trembler de manière incontrôlée.

En dehors des petites surprises de l’imprévu du minutage, du réglage aléatoire des lumières, de la rareté du public et du froid qui a été conjuré à grand renfort d’eau chaude aux herbes à la fin des hostilités, tout s’est bien passé, parce que j’ai eu plein d’intervenants formidables :

  • Deux chanteurs de la Schola Saint-Grégoire de Paris, Anthoine Scherrer et Charles Huber, spécialisés dans l’exécution du répertoire grégorien, sont venus chanter un Dies Irae et un Salve Regina ;

  • J’ai moi-même fait une petite explication de texte expresse sur l’exergue du roman (qui est une citation de Foucault dans Les Mots et les Choses) que j’ai essayé de rendre intelligible pour le lecteur ;

  • Julia Drobinsky, maître de conférence en littérature médiévale à l’université de Nanterre, a fait une petite introduction à la langue qui aurait du être parlée dans le roman, un certain ancien français, et elle nous a fait entendre un extrait de la Chanson d’Antioche (récit de la première croisade, rédigé en ancien français) ;

  • Mariam Bassaisa, arabophone, nous a lu en réponse un texte arabe du XII siècle : le récit d’Ibn Munqidh issu de ses mémoires, dans lequel il fait état de sa cohabitation avec les Francs (c’est-à-dire les croisés) ;

  • Ismael Saint-Remy a joué deux pièces au oud ;

  • Chloé Houillon et Ismael Saint-Remy nous ont interprété la chanson d’aube Cant voi le jour venir ;

  • Michel Quagliozzi, professeur de flûte-à-bec au CRR de Cergy-Pontoise a interprété le Lai du Chèvrefeuille et une estampie royale ;

  • Chloé Houillon a, pour finir, interprété la chanson populaire La Blanche Biche.

Je ne peux, bien sûr, que vous encourager à profiter de la captation, et ensuite à écouter plein de musique médiévale par vous-mêmes… Cet événement a été pour moi un grand plaisir musical et j’espère qu’il saura vous donner envie sinon de lire le livre, au moins d’aller découvrir ce merveilleux répertoire trop méconnu. L’enregistrement a été fait avec les moyens du bord, c’est-à-dire également l’isolation sonore des fameux architectes de l’université, ainsi qu’un choix de lumières assez pauvre qui nous fait une image sombre et floue.

Mais en dépit de cela je suis heureuse de vous présenter ces œuvres et leurs interprètes d’un soir, à qui tout le crédit de cet événement revient.

Si vous avez des questions sur ce qui est dit dans la vidéo, n’hésitez pas à mes les poser en commentaire : je n’ai pas dit 1/10e de ce que j’aurais pu dire à cette occasion pour vous renseigner sur les œuvres interprétées et le roman, mais je me ferais une joie de le faire plus amplement ici pour ceux qui le souhaitent.

Pour finir sur le thème de l’auto-édition : pour le moment, j’ai l’impression de beaucoup m’agiter pour peu de résultats. Je n’ai aucune idée de la suite des événements en ce qui concerne ce roman que j’ai jusqu’ici tenté de faire lire pour faire vivre ce projet. La communication avancera encore lentement, mais il s’agit d’une activité assez chronophage, et elle me met dans un certain dépit car je n’ai pas grand monde à qui communiquer (actuellement mon compte twitter, ouvert à dessein, me vaut 7 followers dont 4 amis, 2 bots, autant vous dire que je parle seule). Je vais donc probablement passer ce projet un peu en sourdine pour mieux m’occuper d’autres projets, dont un nouveau projet de fiction complètement différent, qui est déjà bien avancé, mais qui a besoin de quelques semaines en caisson d’isolation pour être achevé ne serait-ce que dans un premier jet. D’ici-là, musique littérature sur vous, avec beaucoup de thé et des biscuits.

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