Auto-édition bilan (1/2)

Chers tous (1/2),

Il y a quelques semaines je vous annonçais la tenue, le 20 décembre 2017, à l’université de Nanterre d’un événement autour du roman De Auditu. Cela faisait suite à un travail conjoint d’auto-édition, ayant abouti à une publication via Amazon, sous format numérique puis sous format broché, ainsi qu’à un format broché spécial, imprimé à 60 exemplaires, devant être distribué et commercialisé progressivement par mes soins.

Il est à présent temps de tirer le bilan de ces quelques mois d’auto-entreprenariat ainsi que de l’organisation de cet événement (voir article suivant sur ce point).

L’auto-édition : rapport d’étape n°1

Tristesse et solitude du format numérique

Premier constat : l’auto-édition sans fanbase est un enfer. Ayant récemment quitté facebook et ma maigre communauté amicale, autant vous dire que je m’étais dès ce moment-là tiré une sérieuse balle dans le pied. La communication et l’organisation passe indéniablement par ce réseau social. Donc, en ce qui concerne la communication de masse, c’était foutu pour moi – ceci dit, il est fort probable que même en ayant gardé le biais de facebook, je n’aie pas été beaucoup plus loin, n’étant ce qu’on appelle “populaire”. Lancer mes alertes par mail, même à mes proches, a été en grande part l’équivalent de bouteilles à la mer. Quand, donc le premier pas a été franchi, et le format numérique présent sur Amazon, j’ai eu l’honneur d’assister à un non-événement. J’ai vendu. En un mois. Deux livres.

Pourtant le format numérique a de grands avantages en terme de promotion et de vente : il est moins cher, et donner des exemplaires “de presse” n’engage pas le moindre frais, se fait à la vitesse de l’éclair (enfin à la vitesse de la connexion internet, quoi). J’ai contacté des blogs des booktubeurs, des youtubeurs, des revues et journaux, j’ai fait mon petit speech, offert de faire parvenir un fichier epub gratuit… J’ai enchaîné les “merci mais j’ai trop de livres à lire”, “merci mais non merci” et les non-réponses. Et je comprends, finalement : moi aussi j’ai des tonnes de “vrais” livres que j’ai envie de lire, pas le temps de le faire, alors si on m’offrait un obscur bouquin sur un thème que je vois pas trop où elle veut en venir la dame, eh bien je ne me répondrais pas à moi-même.

Suprise merveilleuse néanmoins : la youtubeuse Scherzando, qui fait des chouettes vidéos de vulgarisation sur l’histoire de la musique m’a répondu, lu, et rien que ça c’était déjà superbe au regard de l’océan de rien dans lequel je m’étais habituée à nager. Nouvelle preuve que ce sont surtout les avertis qui sont susceptibles d’apprécier ce livre (la dernière avertie en question étant une amie de longue date, doctorante en histoire de l’art, médiéviste : je vous laisse imaginer le nombre de lecteurs potentiels que ça me promet si on enlève les 3/4 qui risquent de se trouver à juste titre froissés parce que la rigueur scientifique n’y est pas, pour la bonne raison que je ne suis pas spécialiste).

Courte éclaircie pour le format broché

Le schéma s’est répété presque à l’identique quelques semaines plus tard, quand nous avons finalisé la version papier pour Amazon. J’ai fait plus de ventes, assurément : les rares personnes qui constituent mes contacts sont attachés au papier et complètement étrangers à la pratique du numérique. Je ne leur lance pas la pierre, moi qui ne m’y met que très progressivement, en variant en fonction des besoins suscités par telle ou telle lecture (lire un ouvrage scientifique en format numérique devrait être pour moi rajouté aux sept plaies d’Egypte ; en revanche lire un roman en numérique est tout à fait concevable : on va d’un point A à un point B sans retour, anticipation, ni survol, donc tout se passe bien). J’ajouterais que le thème du roman n’attire pas le type de consommateurs qui pratiquent le format numérique, c’est-à-dire les jeunes et les non-universitaires. J’ai donc vendu un peu de papier, mais encore beaucoup moins, même, que ce que j’ai pu recevoir personnellement comme réponses favorables à cette publication.

Ironie de la chose, mon partenaire, qui a fait le travail d’éditeur, a probablement suscité plus de ventes que moi auprès de ses collègues et divers contacts, par le simple fait d’avoir rédigé un article de blog technique sur l’auto-édition via des logiciels libres. On remerciera donc les informaticiens pour leur esprit de corps qui s’est par hasard étendu à mon travail.

L’épisode libraire en attente mais mal engagé

J’ai cependant poursuivi ma démarche comme je l’avais entendu : nous avons préparé un autre format broché, pour un autre imprimeur, et j’ai commandé les fameux 60 exemplaires (cher). Je comptais me déplacer en librairie, même si j’avais été avertie par un ancien libraire que les libraires se refusaient presque systématiquement à cet exercice, à cause de la faillibilité des auto-éditeurs à s’occuper de leur stock – et tout un chacun sait à quel point être libraire indépendant c’est difficile et épuisant, donc s’ajouter en plus du boulot habituel du cas part cas pour les auteurs, je comprends bien que l’on ne souhaite pas y souscrire. Jusqu’à présent, je me suis déplacée une fois, dans une librairie, et la réponse a été celle anticipée : non. Un exemplaire du roman est donc en pension dans ladite librairie, quelque part dans l’arrière boutique, et risque fort de ne rentrer à la maison que pour aller faire un tour chez un autre libraire…

~ Allégorie de mon cheminement dans l’auto-édition ~

 

Quoiqu’il en soit, j’ai remis à plus tard mon travail de tentative de vente en librairie, espérant gagner un petit public de lecteurs divers par l’organisation d’un événement musical et littéraire. Ou au moins motiver quelques copains supplémentaires pour me lire… La suite dans le prochain article!

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